Le slopestyle de Sochi, on va oublier

3 mars 2013
Mis à jour : 4 mars 2013
4 minutes de lecture

JO-2014-sochi«Le slopestyle de Sochi… On va oublier !»
Voilà la sortie de Fabien Saguez, directeur technique national (DTN) à la Fédération.

Autant dire que cela semble plutôt clair. La Fédération Française de Ski (FFS) ne compte pas investir le slopestyle pour les Jeux Olympiques. Pourtant, le potentiel et les ressources sont là. On peut notamment penser à Jules Bonnaire pour ne citer que lui, qui a les moyens d’accrocher un top 10 sur une grosse compétition et pourquoi pas venir se glisser sur un podium international, car les surprises, ça existe aussi !

Alors quand on entend de la bouche du DTN que rien ne sera fait pour présenter des riders français en slopestyle, on a de quoi s’interroger sur les priorités de cette fédération, qui, semble-t-il, a toujours vu d’un mauvais oeil distant les disciplines freestyle.
Pourtant Fabien Saguez mentionne que tous les efforts (financiers et humains) sont mis sur le «skicross». Outre le fait qu’il est assez étonnant de considérer cette discipline comme «freestyle» (mais ceci est un autre débat), il est également judicieux de souligner que le skicross a disparu pour la première fois des X Games cette année et ne semble pas devoir réapparaître dans l’immédiat.

Alors la Fédération a semble-t-il fait ses choix, mais apparemment elle a constamment un train de retard.

Non pas que le skicross devrait être délaissé mais plutôt que les deux nouvelles disciplines freestyle qui apparaissent pour la première fois au Jeux Olympiques à Sochi devraient être reconsidérées et investies le plus rapidement possible.

Car oui désormais, les disciplines freestyle olympiques se comptent au nombre de trois : le skicross (apparu aux JO 2010 de Vancouver), le half pipe et le slopestyle prévus pour les JO 2014 de Sochi.

Outre le skicross qui reçoit l’appui de la FFS, le half pipe, lui, s’est développé sans le support initial de la Fédération. C’est par l’initiative de Greg Guenet, entraîneur du Freeski project et de plusieurs partenaires privés (des acteurs de l’industrie du ski) qu’une structure d’entrainement cohérente, structurée et durable a vu le jour. Le jour où le half pipe est devenu olympique, la fédération s’est simplement associée à cette structure privée déjà mise en place, du pain bénit en somme.

En ce qui concerne le slopestyle, l’annonce de son apparition pour les JO 2014 a été une surprise (en juillet 2011).
Elle a été insufflée par le président du CIO Jacques Rogge, qui de ses propres mots disait : «Nous devons rajeunir le programme des Jeux et ne pas rester conservateur».

La plupart des pays impliqués dans le ski freestyle ont rapidement mis sur pied des équipes nationales de slopestyle (comme la Suisse ou le Canada pour ne citer qu’eux). Mais du côté de la France, on ne voit rien venir.
Malgré la déclaration choc de Fabien Saguez, le fait de vouloir «oublier le slopestyle» est tout sauf une surprise.
Car aucune action n’avait été entreprise jusqu’ici, l’heure des JO approchant. La faute à des infrastructures insuffisantes (ndlr des snowparks insuffisants dans nos stations françaises) selon le DTN. Peut-être, mais alors il est encore temps de se rattraper avant qu’il ne soit trop tard !

Car le ski freestyle est en pleine explosion. Les snowparks sont dans toutes les stations, et les jeunes sont de plus en plus nombreux à faire des 360, des rails ou des cork 7. Il y a 10 ans, les plus sceptiques pensaient que le ski freestyle était un effet de mode, aujourd’hui ce serait une erreur de penser cela.

Pourtant, on a comme le sentiment que la Fédération reste très frileuse. Elle aurait eu le temps de se préparer depuis l’annonce du slopestyle aux JO (c’était en Juillet 2011).
Il serait donc très appréciable de voir la Fédération appuyer le slopestyle et les riders français qui méritent leur place aux Jeux Olympiques.

Avant de penser aux résultats, il est aussi extrêmement important d’être présent, au moins pour montrer que tout un pays est uni derrière une discipline en plein essor, question de symbole, question d’éthique.

Ci-dessous la déclaration de Fabien Saguez lors d’une émission télévisée (à partir de 6:30) :

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