Candide aux JO, le défi de trop ?

REFLEXION

candide ThovexCandide Thovex s’est officiellement lancé à l’assaut du seul titre majeur qui manque à sa carrière de freeskieur : l’or olympique. Mais le rideur légendaire qui a vu naître le ski freestyle sous ses spatules et qui l’a fait grandir s’est peut être engagé dans un défi qui semble innacessible.

 Le slopestyle invité surprise des JO

D’abord il y a eu l’intronisation surprise du slopestyle en même temps que celle attendue du halfpipe aux Jeux Olympiques. Cette annonce a surpris les riders comme les fédérations dont certaines semblaient bien mal préparées pour y envoyer des athlètes dès 2014 (comme la France). Candide avait d’ailleurs réagi de façon réservée à cette adoption olympique précoce en montrant ses craintes. Les craintes que le ski freestyle perde son esprit, que les rideurs inscrits dans ces disciplines (slopestyle et halfpipe) ne soient plus que des compétiteurs et que l’esprit freestyle originel se perde. Après tout, cette reconnaissance olympique a tout d’un pied de nez à l’essence du freeski.

L’essence du freeski

Le freeski est né d’une poignée de riders qui ne supportaient plus de pratiquer une discpline dite “fun”, le ski de bosses, mais qui avait perdu son essence à force de règles limitant la créativité. Ces riders rebels ont choisi de quitter le ski de bosses pour aller skier en dehors des pistes et faire des sauts d’un nouveau genre à l’image des snowboarders : avec des grabs, des rotations desaxées, des sauts têtes en bas, sur des modules originaux comme des big airs, des quarter pipes et autres hips. Une nouvelle discipline était née. Une discipline qui se voulait libre et loin de toutes règles et jugement.

Le style versus la technique

Mais lentement et surement cette discpline “free” a suivi le chemin de la professionalisation et des compétitions. Doucement, incidieusement, le freeski est devenu une discpline codifiée, réglementée, contrôlée. Le “style” si cher au skieur freestyle ne prime plus face à la technicité des tricks. Il ne s’agit plus de faire une belle figure, il s’agit aujourd’hui de faire une figure techniquement complexe. Les riders qui apparaissent sur le devant de la scène, dont on ne citera pas le nom, car là n’est pas l’objet du débat, nous montrent que le ski freestyle perd de son esprit un peu plus : des sauts certes complexes mais sans esthétisme. Tout cela semble bien trop stéréotypé et sans personnalité. Quand un rider tente un run plus créatif, il ne passe pas le cut des qualifs ou difficilement. Dans cette situation qui soulève de nombreux débats dans la scène grandissante du ski freestyle, Candide s’est décidé. Il tentera de participer aux Jeux Olympiques, faisant fi des premières réserves qu’il avait émi quelques mois plutôt. Alors quelle est sa réelle motivation ? Les sponsors sont-ils à l’origine de cet intérêt soudain ? Ou le skieur veut-il simplement se lancer un défi à lui-même ?

Le chat est-il trop vieux ?

À trente ans passés, Candide Thovex a tout d’un super héros, il a gagné tout ce qu’un freeskier pouvait gagner. Des X Games au Freeride World Tour. Il sait certainement que les JO de Sotchi sont sa seule chance de pouvoir participer aux Jeux Olympiques. Après tout, étant jeune, il admirait Edgard Grospiron, skieur de bosses, qui gagna à la maison les Jeux Olympiques. Alors quoi de plus normal que de vouloir suivre les traces de ses propres idoles. Mais la carrière d’un skieur en freestyle est courte, très courte. Et si en plus les blessures viennent s’en mêler, tout se complique. Candide est considéré comme un vieux rider. À trente-et-un ans il a pourtant encore un niveau impressionant et a de quoi rivaliser avec les meilleurs riders à la vue des ses édits video de park que tout le monde peut consulter sur le web. Pour être selectionné par le comité Olympique Français, il devra terminer au moins une fois dans le top 3 d’une étape de la coupe du monde de slopestyle ou rentrer dans le top 10 de deux étapes. Candide a donc participé à l’étape de Copper Mountain en décembre 2013. Sa présence a créé l’émoi. Mais l’exploit n’a pas eu lieu. Candide a ridé, bien ridé, mais pas suffisament pour se qualifier. Des petites fautes, pas grand chose, mais ce qui lui aurait permis il y a 5 ans d’être dans le top 10, ne lui permet pas aujourd’hui de rentrer dans le top 30 mondial. Ses édits montrant ses dernières performances permettent pourtant tous les espoirs, mais il lui faudra être d’une extrême régularité pour accrocher un podium. La plus petite faute ne pardonne plus aujourd’hui.

Une concurrence accrue

La concurrence est plus que jamais rude et même un rider comme Tom Wallisch dominant depuis plusieurs années en slopestyle devra se battre pour obtenir sa place aux Jeux Olympiques. Candide qui n’a pourtant plus rien à prouver s’est lancé ce défi. Certainement le dernier défi marquant de sa longue carrière à rebondissement. Mais ce défi semble être innateniable pour celui qu’on appelle le chat. Cependant à défaut de pouvoir décrocher l’or olympique ou même un podium, l’exploit consisterait à se qualifier pour les Jeux.

La course d’une vie

Après… certains disent que les Jeux Olympiques sont la course d’un jour, la course d’une vie et que tout est possible. Souhaitons lui que les qualifications lui sourient… et que le 13 février 2014, jour de l’épreuve du slopestyle à Sotchi soit le jour de sa vie. Mais si Candide Thovex ne réussit pas à se qualifier, est-ce que cela sera pour autant une déroute ? Certainement pas, on lui trouvera le mérite d’avoir essayé et d’avoir tenté sa seule chance de se qualifier pour des Jeux Olympiques. Il n’a certes rien à prouver aux yeux de ses paires, mais aux yeux du grand public, un grand sportif, n’est-il pas celui qui gagne justement les Jeux Olympiques plutôt que 3 fois les X Games ?   En attendant l’exploit du (vieux) chat, au milieu de tous ces jeunes riders, Candide devra se focaliser sur les deux prochaines étapes de Coupe du Monde, du 8 au 10 janvier à Breckenridge (USA) et du 17 au 18 janvier à Gstaad (Suisse).

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