Mont Sutton, Québec

Québec, Canada
Vue sur la vallée

Vue sur la vallée

Sutton est l’une des stations de ski qui se situe au sud de Montréal et qui constitue avec les stations de Owl’s Head, de Bromont et de Orford une constellation de domaines skiables variés et possédant chacun leurs points forts. On pourrait dire qu’elles sont complémentaires.
A seulement une heure et demi en voiture de Montréal, on se sent dépaysé par cette petite route qui monte et nous amène au pied des pistes. En passant par le village de Sutton situé quelques kilomètres en contre-bas on pénètre doucement l’ambiance montagnarde «à la québécoise».

Un peu d’histoire

La station est née dans les années 1960. La famille Boulanger qui avait une crèmerie dans le village de Sutton, ne fonctionnait qu’en été. L’hiver venu, les touristes avaient disparu. Réal Boulanger eu l’idée d’exploiter cette belle colline pas si loin du village. Lui qui aimait le ski, se rendait très souvent à Jay Peek, aux États-Unis. Il finit par créer les premières pistes de ce qui est aujourd’hui la station de Mont Sutton.

Première sensation, il y a beaucoup de bois ! Comme une marque de fabrique, la plupart des bâtiments de la station et les clôtures des files d’attente sont fait de bois. C’est l’héritage de ces fondateurs qui ont voulu conserver cet aspect authentique et rustique. On se croirait presque en Suisse ! En tout cas, cette atmosphère donne un certain cachet à la station sans même avoir encore skié. Les petites cabanes toutes de bois au milieu des files pour contrôler les billets vous font dire que vous êtes bien à Sutton et pas ailleurs.

Une des particularité de Sutton, c’est la disposition de ses pistes. Les pistes les plus à droite sont les plus simples.  Plus on décale vers la gauche, plus la pente s’incline et plus les pistes sont réputées difficiles.

Du point le plus bas (400 m d’altitude) au point le plus haut (840 m), le dénivelé de 440 m proposé est l’un des plus importants du Québec. Autre singularité, les télésièges ont des noms faciles à retenir, le plus à droite  s’appelle le «un» (I en chiffre romain) et le plus à gauche est le sept (VII), je vous laisse deviner le nom des télésièges entre ces deux-là ;) Malgré ce qu’on peut croire on se perd vite, même le temps d’un descente. Alors fixer un rendez-vous au bas d’un télésiège est du coup plus simple. Les télésièges sont rustiques eux aussi, ou plutôt «vintage». On se sent plonger dans les années 1970 avec ces télésièges deux places pourtant très confortables.

Les pistes sont toutes bien entretenues et offrent un terrain naturel joueur et varié. A l’ombre des grands arbres qui parsèment le domaine et les abords des pistes, la neige se conserve bien. On retrouve de bonnes inclinaisons dans la partie gauche du domaine ce qui permet de faire chauffer les cuisses assez rapidement. La partie droite du domaine est indéniablement plus calme mais offre tout de même des pistes vallonnées agréables à skier en fin de journée avant la bière de l’Après ski !

Poudreuse en sous bois

Poudreuse en sous bois

Le potentiel en sous-bois

Le point fort de Sutton est son potentiel de ski en «sous bois». Le ski en sous-bois est comparable à du freeride en forêt. Mais il ne faut malheureusement pas s’attendre à de gros dénivelés au Québec. C’est de toute façon la meilleure façon de s’échapper des pistes damées lorsque la neige fraîche vient de tomber !

D’ailleurs Sutton est réputée pour son ski en sous-bois. Et oui ! Toutes les stations n’en proposent pas.

Sutton prête une attention toute particulière à ses sous-bois en les entretenant régulièrement été comme hiver. En été en maintenant les sous-bois clairs et en replantant ailleurs certaines essences d’arbres. En hiver en damant certaines sections des sous-bois avec un tucker. Il est à noter que les sous-bois sont en général plaisant à skier car les arbres sont bien espacés.

C’est donc l’endroit idéal pour débuter en sous-bois. L’espacement des arbres pardonne les erreurs des novices, mais les riders confirmés peuvent aussi se faire plaisir.
La bou-bou, située à l’extrême gauche est très technique et exigeante dans sa partie haute. Les arbres sont resserrés et certaines passages s’apparentent à de mini-couloirs, l’inclinaison y est forte mais éphémère. Dans la partie basse, les arbres s’espacent volontiers et on imagine le potentiel lorsque la neige fraîche vient de tomber.

Car oui, ce qui est l’atout de Sutton ce sont ses sous-bois, et si cerise sur le gâteau vous êtes l’un des premiers à vous y aventurer un jour de poudre, alors vous allez vous faire plaisir ! Car les sous-bois représentent une très grande partie du domaine skiable.

La magicbox

La magicbox

Le snowpark

On a aussi testé le snowpark appelé le Mohawk. Composé de rails, boxes et mini jumps, il propose de tout pour des riders débutants et intérmédiaires. Pour les confirmés, vous allez être déçu par les jumps. La plus grosse table fait difficilement plus de cinq mètres… Trop peu pour des grosses rotations. Par contre la partie «rail» est variée : rail plat, kink descente plat descente, rainbow, magicbox et autres boxes vous occuperont sans aucun doute tout un après-midi. Il y a même une sorte de rail to gap en tronc d’arbre : bien original (mais pas testé).

Le temps de rotation est idéal pour le snowpark car il a quasiment un télésiège dédié (le numéro III). En plus, pour se remettre de vos émotions, deux charmantes préposées aux remontées mécaniques vous feront oublier vos chutes douloureuses !  Il y a d’ailleurs une passe ski saison pour le snowpark valable uniquement en week end au prix de 159 dollars. Sinon le prix à la journée est de 25 dollars pour utiliser le télésiège III. Avec des jumps plus conséquents, nul doute que Sutton pourrait devenir une station prisée des freestylers.

Et pour bien finir la journée de ski, rendez-vous à l’Après ski, un bar situé à l’étage du chalet principal (à côté du télésiège II). En terrasse ou à l’intérieur, ambiance conviviale garantie. Un vrai après ski pour se remémorer des performances de la journée.

En conclusion, une station à taille humaine, qui a su conserver un certain charme à l’inverse de l’une de ses célèbres voisines (non, on ne donne pas de nom !). On se sent aux antipodes de la «station usine», comme on peut en trouver dans les Alpes françaises par exemple. Les gens prennent leur temps, ils sont souriants, la variété des pistes devrait permettre à tous de se faire plaisir, alors n’hésitez pas, le détour en vaut vraiment le coup !

 Mont Sutton en chiffres

– nombre de pistes : 60
– nombre de sous-bois : 27
– dénivelé : 440 mètres
– tarif journée : 64 $

Pour tout savoir, visiter le site officiel de Sutton

Un merci tout spécial à Mireille Simard pour son accueil et sa grande disponibilité !

Aperçu vidéo de notre découverte de la station (10/03/2013)

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