Ski spatial : Skier sur Mars ou la Lune, c’est possible ?

Ski spatial : Skier sur Mars ou la Lune, c’est possible ?

Alexis - auteur de l'article
Rédigé par Alexis Blondin
dernière mise à jour le 16 février 2024

Avec l’avancée des voyages spatiaux et les défis posés par le changement climatique, certains skieurs rêvent de dévaler des pentes bien au-delà de notre Terre.

Et s’il était possible de skier ailleurs que sur Terre ? Après tout, on a le droit d’imaginer et de se prendre à rêver.

Cette quête interstellaire de nouvelles pentes n’est pas si irréaliste qu’elle en a l’air. Après tout, Harrison Schmitt, un des astronautes des missions Apollo en 1972, avait comparé la poussière lunaire à de la neige, jetant ainsi les bases de cette vision futuriste du ski.

Imaginons le futur du ski alpin spatial, avec à l’appui des illustrations générées par intelligence artificielle, qui ne sont pas toujours fidèles d’un point de vue scientifique à la réalité du terrain. Mais c’est une façon de se projeter et d’expérimenter autour d’un sujet qui laisse rêveur…

Skieur dans un espace imaginaire avec des planètes dans le ciel en arrière-plan.
Le ski spatial. Illustation générée par intelligence artificielle.

Physique : Est-il seulement possible de skier ailleurs ?

Skier sur une autre planète ou sur des satellites tels que la lune nécessite une compréhension approfondie des effets de la gravité et de la friction. Ces deux forces sont essentielles pour déterminer comment un skieur se déplacerait sur une pente extraterrestre.

La gravité

Plus la gravité est faible, comme c’est le cas sur la Lune, plus le skieur se déplacera lentement. C’est la gravité qui tire le skieur vers le bas de la pente.

Sur la Lune, un skieur serait beaucoup plus léger. Cela veut dire qu’il pourrait sauter plus haut et rester en l’air plus longtemps, parfait pour le freestyle et le saut acrobatique !

Cependant, cela signifie aussi qu’il aurait moins de poids pour pousser contre le sol, ce qui pourrait rendre la prise de vitesse initiale plus difficile. Cela veut aussi dire que les chutes seraient moins douloureuses. Parfait pour apprendre donc !

La friction

Elle est influencée par le contact entre les skis et la surface de la pente. Cela détermine à quelle vitesse un skieur peut aller et combien de contrôle, il peut avoir pendant sa descente.

Trop de friction peut rendre la descente difficile ou impossible, tandis que trop peu de friction peut rendre le contrôle quasiment inexistant.

Les surfaces de ski potentielles dans notre système solaire sont très différentes. La poussière lunaire, la neige de dioxyde de carbone sur Mars, ou les glaces d’eau et d’autres composés sur les lunes de Jupiter, par exemple, offrent des caractéristiques de friction difficilement comparables !

Sur une surface avec une faible friction, comme la poussière lunaire, un skieur pourrait avoir du mal à s’arrêter ou à tourner. La maîtrise serait un défi majeur. À l’inverse, les surfaces plus « collantes » ou avec une friction plus élevée pourraient nécessiter plus d’effort pour descendre, mais offriraient un meilleur contrôle.

Spots de ski : les destinations potentiels de ski hors Terre

On va rester dans l’environnement proche de la terre, et donc dans le système solaire, car on connait très mal les planètes extrasolaires, et on connait encore moins leur relief.

Il y a donc des bons spots de ski dans le système solaire, dans la mesure où le dénivelé est suffisant ! Mais les conditions sont tellement différentes qu’il est difficile de s’y projeter sans beaucoup d’imagination.

Mars

Distance avec la Terre, ~54 000 000 kilomètres.

Mars, surnommée la « Planète Rouge », possède des reliefs impressionnants, dont Olympus Mons, la montagne la plus haute du système solaire, culminant à près de 21 km.

Sa gravité de seulement 38% de celle de la Terre nous procurerait une expérience ski complètement chamboulée !

Il y a deux surfaces potentielles sur lesquelles glisser sur Mars :

Contrairement à la neige d’eau que l’on trouve sur terre, la neige de CO₂ est granuleuse, ne s’agglutine pas et se sublime directement en gaz. La friction serait réduite, rendant le ski plus rapide. Les températures basses (-78,5°C) accentueraient la sensation de froid. Ça serait certainement comme une excellente poudreuse très volatile, mais glaciale !

un téléphérique sur mars.
Ski sur Mars, illustration générée par intelligence artificielle.

De plus, l’atmosphère ténue et les températures moyennes avoisinant -80°C poseraient certains problèmes évidents.

Le ski sur Mars nécessiterait un équipement spécialement adapté pour gérer ces conditions extrêmes. Malgré ces challenges, la perspective de skier sur cette planète éloignée est potentiellement possible, il suffit d’imaginer un peu !

La Lune

Distance avec la Terre, ~384 000 kilomètres.

Avec une gravité seulement 1/6e de celle de la Terre, skier sur ses vastes étendues serait une expérience distincte.

Cette faible gravité ralentirait considérablement le déplacement d’un skieur, offrant une descente beaucoup plus lente et plus longue.

Le plus haut sommet lunaire, le Mons Huygens, s’élève à environ 5,5 km. Cependant, l’absence d’atmosphère et les températures extrêmes (de -170°C à +120°C) rendraient le ski difficile et dangereux.

La beauté silencieuse des paysages lunaires pourrait néanmoins en faire une destination rêvée pour les aventuriers de l’espace. Et ce serait évidemment la destination la plus proche !

un skieur s'élançant sur les pistes sableuses de la Lune.
Un cosmo-skieur à la surface de la Lune, la Terre en toile de fond. Illustration par intelligence artificielle.

Europa, satellite de Jupiter

Distance avec la Terre, ~750 000 000 kilomètres.

Europe, une des lunes de Jupiter, est célèbre pour sa surface glacée et son potentiel océan souterrain.

Europe présente une gravité environ 13% de celle terrestre, ce qui rendrait une descente en ski particulièrement lente et planante. La surface glacée d’Europe, dominée par des plaques de glace qui se déplacent et se fracturent, est parsemée de crêtes et de fissures. Certaines de ces crêtes s’élèvent à plus de 100 mètres de haut.

Même s’il n’y a pas de montagne aussi imposante que sur la Terre ou la Lune, ces formations pourraient offrir des terrains intéressants pour le ski.

Attention, le rayonnement intense (et radioactif) de Jupiter, les températures très basses (autour de -160°C) et l’absence d’atmosphère rendent cette expérience quasi impossible.

Un équipement spécialisé serait essentiel pour braver les conditions extrêmes d’Europe.

Un skieur sur Europa, satellite de Jupiter. La glace est de partout.
Ski sur Europe. Illustration générée par intelligence artificielle.

Ganymède, satellite de Jupiter

Distance avec la Terre, ~750 000 000 kilomètres.

Ganymède, la plus grande lune de Jupiter et également le plus grand satellite naturel du système solaire, est plus grande que la planète Mercure ! Rien que ça…

Sa surface est un mélange de glace et de roche. Sa gravité est d’environ 15% de celle de la Terre.

Ganymède possède une fine atmosphère composée principalement d’oxygène, mais insuffisant pour la respiration humaine. La surface de ce satellite est marquée par de vastes étendues glacées, entrecoupées de crêtes et de vallées. Bien que Ganymède n’ait pas de montagne aussi élevée que d’autres corps célestes, certaines de ses crêtes peuvent s’élever jusqu’à 700 mètres.

Sa faible gravité et ses températures glaciales qui avoisinent les -200°C rendent tout de même la pratique du ski un peu compliquée !

Skieur de randonnée sur Ganymède avec une vue impressionnante sur Jupiter
Ski sur Ganymède. Illustration générée par intelligence artificielle.

Io, satellite de Jupiter

Distance avec la Terre, ~750 000 000 kilomètres.

Malgré ses éruptions continuelles, car couverte de volcans actifs, Io abrite certaines des montagnes les plus hautes du système solaire. Le mont Boösaule Montes, par exemple, s’élève à environ 17 500 mètres, soit plus de deux fois la hauteur de l’Everest. Cependant, le terrain extrêmement irrégulier, les températures glaciales, combinées à une atmosphère ténue principalement composée de dioxyde de soufre rendent le ski bien difficile.

Une personne contemple une éruption sur Io, un satellite très actif de Jupiter.
Contemplation devant le spectacle d’une éruption à la surface de Io. Illustration générée par intelligence artificielle.

Conclusion

De la poussière lunaire aux surfaces glacées de Ganymède, en passant par les pentes escarpées d’Io, le ski interplanétaire combine science, sport et imagination et cela nous surprend, moi le premier !

L’avenir du ski est aujourd’hui bien compromis sur Terre, alors vouloir tenter de skier sur d’autres planètes parait bien invraisemblable, mais rien ne nous empêche de rêver et imaginer !

Peut-être qu’un jour, les futurs explorateurs spatiaux évoqueront avec nostalgie leur première descente sur une montagne martienne ou les pentes enneigées d’une lune jovienne…

Alexis - auteur de l'article
Contenu rédigé par
Alexis Blondin
Rédacteur & Éditeur
Je suis originaire des Alpes, instructeur ski CSIA Niveau 1 et passionné de montagne. J'ai participé à la Coupe de France de ski. Mon expertise s'étend de l'enseignement du ski à l'évaluation de matériel. En savoir plus
La dernière révision de ce contenu date du 16 février 2024.
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