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La technologie BOA pour les chaussures de ski

Les chaussures de ski ont finalement peu évolué au cours de décennies, si on compare aux skis ou aux fixations. Il faut dire que les chaussures de ski doivent remplir un cahier des charges contradictoires. Être à la fois précise donc rigide et confortable, donc souple. C’est sûr que ce n’est pas aisé. Il y a bien eu des tentatives de chaussures un peu plus souples et donc confortables. Mais on perd immédiatement en précision.

À l’inverse des chaussures ultra-précises, de par leur rigidité et leur taille serrée, sont difficiles à porter plus de 30 minutes sans avoir mal aux pieds.

Bref, comme vous le voyez, faire évoluer les chaussures de ski, c’est un sacré casse-tête. Alors quand il y a une petite révolution, ça vaut bien le coup d’en parler.

Après le Grip Walk qui permet de marcher sans glisser avec ses chaussures de ski, le BOA est la nouvelle petite révolution technologique du serrage de vos chaussures.

logo boa
Le logo BOA, reconnaissable sur les produits qui utilisent cette technologie.

Petit historique

Au début, il faut être honnête, le BOA (site officiel) n’a pas été pensé pour le ski alpin.
Le système apparaît au début des années 2000, d’abord dans le snowboard, puis très vite dans le vélo. L’idée est simple, on remplace les lacets ou les sangles par un câble et une molette pour gagner en précision et en rapidité.

Pendant longtemps, le ski alpin reste à l’écart. Pas par manque d’intérêt, mais parce que les contraintes sont bien plus élevées. Une chaussure de ski, ce n’est pas juste tenir un pied. C’est transmettre de l’énergie, encaisser des forces importantes, rester fiable par grand froid, et surtout ne pas faillir en cas de chute.

Il y a bien eu quelques essais timides. Des prototypes plus orientés rando ou confort. Mais rien de vraiment convaincant. Le BOA était perçu comme trop fragile, pas assez précis, voire un peu gadget pour un sport aussi exigeant que le ski alpin.

Il faut attendre la fin des années 2010 pour que les choses changent. Le système évolue, les câbles deviennent plus solides, les platines mieux intégrées dans la coque. Les marques commencent à comprendre que le BOA ne doit pas remplacer toute la chaussure, mais surtout améliorer le serrage du bas du pied, là où les points de pression sont les plus problématiques.

À partir de là, l’adoption s’accélère. D’abord sur des modèles all-mountain et freeride, puis progressivement sur des chaussures plus engagées. Le BOA n’est plus vendu comme une révolution totale, mais comme une amélioration ciblée du confort et du fit.

Aujourd’hui, on n’en est plus au stade de l’expérimentation. Le BOA a trouvé sa place. Pas partout, pas pour tout le monde, mais suffisamment pour ne plus être considéré comme une simple curiosité technologique.

Et comme souvent en ski, ce ne sont pas les promesses marketing qui ont fait la différence, mais le temps passé sur la neige.

Le BOA ça marche comment ?

Il s’agit d’un câble qui se met sous tension grâce à une molette qu’on vient ajuster manuellement. Ce câble vient généralement remplacer les deux crochets du bas de la chaussure de ski.

En formant un zigzag en passant d’un côté à l’autre de la coque, cela permet d’ajuster très finement le serrage, et de le rendre plus uniforme en théorie.

Dans la pratique, pour l’avoir essayé pendant plusieurs dizaines d’heures sur la neige et dans différentes conditions météo, la techno BOA semble être plus qu’un gadget, ce qui était ma première impression.

En réalité, le serrage est clairement plus précis que des crochets, et surtout il est extrêmement simple de relâcher la tension en un seul mouvement qui ne prend qu’une seconde.

Avant, il fallait défaire les crochets un à un. C’est bien plus pratique maintenant quand on veut relâcher la pression dans la chaussure. On tire la molette d’un seul mouvement et tout se détend. Par exemple quand on arrive en bas de piste et qu’on veut libérer les pieds pendant la remontée, c’est idéal.

Une fois arrivée en haut, on ressert rapidement, même avec les gants, et en cinq secondes, c’est reparti !

Serrage BOA sur le bas de la coque vs toute la coque

Il existe deux types d’implémentation du système BOA :

  • soit sur toute la chaussure de haut en bas
  • soit sur la partie basse de coque, complété avec des crochets sur la partie haute

La combinaison « BOA + crochets » offre un excellent compromis entre facilité d’utilisation et précision. On peut notamment avoir un serrage différent entre le bas du pied et la partie haute. Ce qui semble presque indispensable à mon goût.

Les limitations du BOA

Le système BOA de serrage de chaussures est une réelle avancée technique. Elle est adaptée à presque tous les skieurs. Mais pas tous.

Le serrage uniforme ne permet donc pas d’avoir des points de serrage différents comme le permettent les crochets traditionnels. En réalité, si on a besoin d’une grande précision de serrage, c’est que le skieur en question fait de la compétition ou a un usage très spécifique et des attentes sur mesure de ses chaussures de ski.

L’autre point faible du système BOA, c’est qu’en cas de casse du câble, le serrage n’est plus possible et les chaussures ne sont plus utilisables. Contrairement aux crochets, si l’un d’entre eux casse, la chaussure est encore totalement utilisable.

Avec le BOA, si le câble ou le système d’enroulage ne fonctionne plus, la chaussure va flotter énormément et il est bien difficile de continuer à les utiliser.

Le BOA va-t-il s’imposer ?

Au final, le BOA semble être une réelle avancée en termes de confort et de facilité d’usage, de mon point de vue.

Cependant il n’amène rien de nouveau en terme de performance. Les fabricants de chaussures de ski semblent vouloir imposer cette norme BOA sur de plus en plus de modèles, certainement dans le but de vendre davantage de chaussures, en procurant un effet waouh sur l’instant. On verra si sur le long terme le système BOA va s’imposer ou restera en concurrence (saine) avec les traditionnels crochets.

Vidéo du serrage BOA

Vidéo du desserrage BOA

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