Trip héliski dans les Rocheuses canadiennes

17 février 2019
Mis à jour : 11 mars 2019
8 minutes de lecture

L’héliski c’est le graal de tout skieur en quête de poudreuse. Monter sans forcer et au chaud dans l’hélico. Descendre des pentes intactes loin de la foule… comme dans un rêve !

Je vais vous raconter mon expérience d’héliski à Panorama en Colombie-Britanique avec la compagnie RK Heliski, un mois de Janvier.

Note 1 : Je ne vais pas spécialement vous recommandez d’opter pour cette compagnie, car je n’ai pas de point de comparaison avec les concurrentes. Mais le service et l’expérience étaient à la hauteur des espérances ! (Ce qui n’est pas négligeable.)

Note 2 : Oui, mais faire de l’hélicoptère pour son bon plaisir alors que la planète va mal, le climat se dérègle, c’est pas vraiment responsable. L’objet de cet article n’est pas de juger l’impact écologique de la pratique (qui est loin d’être neutre, on est d’accord).

hélicoptère prêt à décoller pour une session héliski.

Ce qu’il faut savoir

Les compagnies d’héliski sont plutôt nombreuses dans les Rocheuses canadiennes, et pour cause, le terrain de jeu est immense, presque infini. Les possibilités sont fabuleuses, et la qualité du terrain et de la neige sont rassemblés pour garantir une expérience unique, tout au long de la saison.

helicoptere de nuit.
L’hélicoptère fait dodo. 🤫

Avant d’arriver au lodge qui sert de base de départ pour les hélicoptères, il faut choisir entre plusieurs formules (différentes selon les compagnies) pour profiter de sa journée de ride. Pour faire court, votre expérience sera directement liée au budget que vous serez prêt à y consacrer.
On peut choisir à peu près le nombre de descente que l’on va faire 3, 5 ou plus. Au bout de chaque descente, l’hélicoptère vient nous récupérer et nous remonte en quelques secondes au sommet d’un nouveau run.

Les formules standards d’héliski comprennent l’encadrement d’un guide, un ou plusieurs repas, le prêt de matériel si besoin. Pour le coup je ne me suis pas privé, j’ai emprunté des skis fat avec des fixations qui vont bien (pas de coût en plus).
Et il faut également être un nombre minimum de participants pour une session héliski. Si vous êtes moins de 5 ou 6, ça risque d’être difficile pour la compagnie de rentabiliser les rotations d’hélicoptère. (Encore une fois, j’imagine que ça dépend des hélicoptères et des compagnies).

L’expérience héliski

L’hélicoptère comme moyen de transport pour faire du ski, offre, outre les possibilités d’aller presque où on le souhaite, une nouvelle Expérience.

Une expérience qui va au-delà du ski.

On rentre dans un nouvel univers, celui des airs. On découvre le terrain, les montagnes depuis les airs. On imagine des lignes là, entre les arbres, ici en-dessous de ce glacier, ou tout simplement derrière un pic juste en face de nous.

type de terrain rencontré en heliski

Héliski : le jour J

Préparation, le matin

On arrive tôt le matin au lodge, un bon gros chalet en bois, qui est la base de départ des hélicoptères !

Juste en apercevant les hélicoptères, et les mécaniciens qui s’activent autour, on rentre tout de suite dans un autre monde, on se dit déjà qu’on va passer une grosse journée !

Après avoir signé une décharge, l’équipe nous prend en main. Explication du déroulement de la journée, consignes de sécurité à proximité et dans l’hélicoptère, mini-formation recherche de victimes en avalanche.

Une fois toutes ces nombreuses informations intégrées (du mieux possible, parce que ça fait beaucoup), on se retrouve avec le guide qui fournit à chacun un DVA, un sac avec pelle et sonde, qui s’assure que tout le monde à son matériel pour rider.

La première rotation… la magie s’installe

Je monte dans l’hélicoptère, la fébrilité s’installe. On sent la force de l’engin, le souffle des pales, les bourrasques de neige, les arbres qui se font chahuter. C’est du lourd. Puis une fois que tous les riders sont prêts et chargés dans la bête et que le guide a chargé le matériel dans le coffre latéral, le pilote passe la seconde… Et boom, on s’élève petit à petit, la vue est royale !

Heliski : l'hélicoptère vient de déposer les skieurs au sommet de la descente !
Quelques secondes après la dépose

L’hélicoptère sera notre télésiège du jour ! Et j’aime autant vous dire qu’on s’y habitue très vite ! Presque trop.

À peine quelques minutes plus tard, on arrive déjà au départ de notre premier run de la journée. On vient de passer d’un fond de vallée à un sommet en un rien de temps, premier choc.

Le guide nous explique où on va aller, il connait déjà tous les runs. Il adaptera en fonction des conditions de neige et météo, du niveau du groupe les runs que l’on fera dans la journée.

Suivant les choix du guide, les descentes font de quelques centaines mètres de dénivelé à 1000 mètres voire plus. Et surtout, la garantie d’avoir presque toujours une neige vierge et de grande qualité !

Vue du bas des descentes possible en heliski.
Fin de run, on arrive d’un de ces sommets sur la gauche

La journée s’enchaine à une vitesse folle, j’ai à peine le temps de comprendre l’exception que représente cette journée dans la vie d’un skieur, que déjà on est de retour à la base. C’est tellement facile de descendre de la poudreuse, et d’avoir un télésiège volant qui nous attend !

L’héliski au-delà de la possibilité de faire du ski poudreuse à foison se trouve être une expérience nouvelle. Remonter la pente a dorénavant une saveur de magie et de confort. Bref, vous aurez compris que cette journée de ski m’aura marqué à bien des égards.

Les coulisses de l’héliski en 5 points

Fait numéro 1 / L’héliski c’est une sacrée grosse machine. Un rêve pour les skieurs, un business bien huilé pour les compagnies. Pour amortir plusieurs hélicoptères rien qu’en emmenant des gens skier, ça demande une organisation millimétrée. Le ticket d’entrée est donc nécessairement élevé. Comptez minimum 800-900 $ canadien pour le tarif planché.

Fait numéro 2 / Pour emmener un groupe, l’hélicoptère doit être suffisamment rempli. Si vous comptiez être tranquille entre potes, c’est faisable, mais il faut privatiser l’hélico, et là on oublie le tarif de base de suite !

Fait numéro 3 / En général lorsque l’hélicoptère vous a déposé, il part aussi vite récupérer un autre groupe pour le monter au sommet d’un autre run. C’est un ballet plutôt bien organisé et optimisé au possible. La minute de kérosène coûte très cher, ça peut se comprendre.

Skieurs qui attendent pour embarquer dans l'hélicoptère pour aller skier !
On attend notre tour pour embarquer.

Fait numéro 4 / Suivant les conditions météo, votre expérience pourrait être assez différente. S’il fait beau et le risque d’avalanche faible, vous aurez sans doute la chance de faire des runs en haute montagne, à proximité ou sur des glaciers avec des vues à couper le souffle. Si le temps est bouché ou perturbé, vous pourriez vous retrouver à rider dans des terrains boisés, protégés. L’expérience est différente mais la qualité sera dans les deux cas au rendez-vous, presque pas de doute. La compagnie m’a confié que l’hélicoptère ne se retrouvait cloué au sol que par grand brouillard, ce qui se produit quelques très rares jours par saison (un seul affirme la compagnie).

Attention destruction de mythe… L’hélicoptère ne se pose pas où bon lui semble, les atterrissages et les descentes sont décidés d’avance.

Fait numéro 5 / Le guide ne choisi pas au hasard (ou quasiment jamais) où l’hélicoptère se pose, et ou le groupe va rider. Tout est cartographié, les drop zones hélico sont en général balisées par des petites drapeaux fluo. Les runs sont tous méticuleusement cartographiés. Chaque compagnie héliski à son propre domaine « skiable », avec ses runs référencés. Ce n’est pas vraiment du pur freeride à l’aventure. Mais, attention ne soyez pas déçus, les descentes sont naturelles, sauvages et il est difficile de réaliser que rien n’est laissé au hasard, finalement.

Carte en trois dimensions représentant les différents secteurs et les différents atterrissages.

Crédit Photos : Jeanche Fontaine, AB.

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